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07 août 2007

Des capteurs qui aident les machines à contrôler les humains

Le constructeur d'automobiles Nissan vient de rendre public l'état des recherches qu'il mène sur des voitures 'intelligentes', qui seraient capables d'identifier l'état d'ébriété des conducteurs, interdisant aux plus imbibés de prendre le volant. Contrairement aux alcootests couplés aux démarreurs qui sont déjà en vigueur dans certains états américains pour les personnes condamnées pour ivresse au volant, les capteurs développés par Nissan s'intègrent parfaitement dans l'architecture de l'automobile: des leviers de vitesse capables d'analyser la teneur en alcool de la transpiration présente sur la paume de la main du chauffeur, des filtres à air placés à hauteur de tête afin de détecter des vapeurs d'alcool en suspension dans l'habitacle, ou encore des caméras qui analysent la fréquence des battements de paupière et l'inclinaison de la tête du conducteur pour évaluer son degré d'éveil constituent les solutions expérimentées par Nissan pour lutter contre le fléau de l'alcool au volant.

Comme c'est très souvent le cas dans ce genre d'innovation, la question des contre-mesures déployées par les conducteurs ennivrés n'est pas abordée. Le simple fait de porter une paire de gants suffirait par exemple à contourner le système d'analyse de la transpiration implanté sur le pommeau du levier de vitesse, et on imagine mal une loi qui interdirait aux conducteurs le port des gants.

Ce qui me semble cependant très significatif dans cette annonce, c'est que des laboratoires de recherche sont en train de travailler sur de nouvelle génération de capteurs conçus pour se fondre de manière presque invisible dans les objets qui nous entourent, afin de mieux mesurer des états physiques ou psychologiques associés à des risques, et par extension contrôler nos comportements afin de réduire ces risques. Là où la décision était auparavant prise par des êtres humains et leurs capacités de jugement, des machines peuvent maintenant être programmées pour autoriser ou interdire l'accès à des lieux, des biens ou des services selon des normes juridiques ou des critères de risque préalablement définis. L'architecture technique de notre quotidien semble ainsi s'orienter vers l'intégration de mécanismes de contrôle et de contrainte omniprésents qui seront bien plus intrusifs que les technologies de surveillance passive qui nous sont familières.

03 mars 2007

Des robot-cops à Barcelone

Un consortium d'universités dirigé par l'Institut Polytechnique de Catalogne a reçu une subvention de recherche de l'Union Européenne afin de développer un projet intitulé URUS, qui vise à concevoir un réseau de robots fonctionnant dans les espaces publics des zones urbaines. Ce réseau de robots sera principalement destiné à interagir avec la population afin de lui offrir un certains nombres de services, mais des tâches de surveillance lui seront également confiées. L'expérimentation sera menée dans une zone piétonnière du centre-ville de Barcelone, où des robots utiliseront des données pré-programmées pour identifier des situations anormales comme des éléments de mobilier urbain vandalisés ou des activités humaines suspectes. Les robots qui auront détecté un événement suspect pourront communiquer leur position et transmettre une alarme. Ces robots inaugureront ainsi une nouvelle forme de vidéosurveillance mobile.

Par contre, on peut imaginer sans difficultés que les robots seront eux-mêmes la cible d'actes de vandalisme de la part de délinquants ou de défenseurs de la vie privée qui souhaitent échapper à cette surveillance omniprésente.

24 février 2007

Des machines à rayons X pour fouiller les personnes

L'Administration de sécurité du transport aérien US teste à l'aéroport de Phoenix un nouvel appareil à rayons X qui permet d'obtenir une image du corps humain et des objets dissimulés sous les habits des passagers contrôlés.

Cette technologie, développée par la société American Science and Engineering permettrait de détecter des explosifs liquides. Elle est aussi dotée d'un algorithme de protection de la vie privée qui atténue les détails du corps des personnes concernées et transmet seulement à l'opérateur de la machine le contour de la silhouette et les objets suspects identifiés (voir photo). Ce détail est susceptible de rendre plus acceptable cette technologie pour de nombreux passagers puritains ou peu désireux de voir leurs formes inspectées en détail par des agents de sécurité. Ces derniers procèderons d'ailleurs à l'inspection dans un réduit fermé aux regards étrangers. Si cette technologie est adoptée, chaque appareil coûtera 11.000 $. Une précédente technologie d'analyse des particules présentes dans l'air, pourtant prometteuse, a cependant été abandonnée en raison de sa fiabilité réduite et de son coût élevé.

Les avis des chercheurs en santé interrogés par le New York Times sur cette technologie sont partagés: alors que pour certains elle est sans dangers, d'autres évoquent néanmoins des préoccupations concernant l'exposition aux rayonnements, notamment pour les femmes enceintes et les jeunes enfants.

23 novembre 2006

Détecteurs sonores d'agressions testés en Hollande

La société Sound Intelligence est en train d'installer dans plusieurs villes hollandaises sa technologie de détection sonore des agressions. Des micros placés dans les espaces publics sont couplés à un logiciel capable de reconnaître les caractéristiques particulières des sons émis par des individus qui vivent des situations de stress et de peur intenses. Dès qu'un tel cri est détecté, en général associé à une agression ou une rixe en cours, une alerte est automatiquement lancée, qui peut se traduire par l'activation de caméras de vidéosurveillance dans la zone concernée, ou par l'envoi immédiat de policiers. Cette technologie, utilisée depuis le 15 novembre 2006 par la ville de Groningen, est présentée par ses promoteurs comme une garantie aux libertés individuelles, puisque les caméras de vidéosurveillance ne seront déclenchées qu'en cas de nécessité. Cette technologie, similaire en bien des points aux systèmes de détection des tirs d'armes à feu implantés aux États-Unis, semble bien marquer l'avènement de la surveillance sonore dans les espaces publics et privés.

PS: Une vidéo faisant la démonstration de la technologie est téléchargeable sur le site de l'entreprise.

14 novembre 2006

La convergence de la sécurité physique et de la sécurité digitale

IBM mettra sur le marché dans les prochains mois des solutions de sécurité dites "intégrées" qui combinent des systèmes de vidéosurveillance et de contrôle d'accès à des logiciels "intelligents" d'analyse des données. Ces logiciels s'appuient sur des algorithmes pour détecter des comportements suspects ou anormaux, comme des véhicules stationnés dans des zones interdites aux alentours des aéroports, des individus circulant à contresens dans les couloirs d'accès aux transports en commun ou ne s'arrêtant pas aux caisses enregistreuses d'un magasin après avoir pris un produit dans un rayon. Les algorithmes utilisés permettent de lancer des alertes dès qu'un comportement anormal est détecté, ou de mener des recherches sur des individus ou des véhicules spécifiques parmi des milliers ou des millions d'heures d'enregistrement avec une efficacité bien supérieure à celle d'opérateurs humains. Cette tendance à l'intégration des équipements qui enregistrent des informations sur les déplacements des individus et des véhicules avec des logiciels qui permettent une analyse beaucoup plus systématique de ces informations aboutit au renforcement de la traçabilité des personnes. En effet, il s'agit ici de convertir nos allées et venues dans le monde réel en des données numériques aisées à analyser et à conserver, afin de pouvoir les fusionner aux données recueillies lors de nos incursions dans le monde virtuel.

11 novembre 2006

La surveillance par satellite des agresseurs sexuels

Les récentes élections qui se sont tenues aux États Unis en début de semaine n'ont pas seulement permis la prise de contrôle par le parti Démocrate de la Chambre des représentants et du Sénat. De nombreux états tenaient également des élections locales et les électeurs de la Californie se prononçaient notamment sur une série de propositions législatives variées. La proposition 83 avait ainsi pour objectif de rendre obligatoire la surveillance par GPS des personnes condamnées pour agression sexuelle pour le reste de leur vie. Cette disposition a été adoptée avec 70% des suffrages exprimés. Même si certaines dispositions de cette nouvelle loi risquent d'être frappées d'inconstitutionnalité, son application continuera tant qu'un jugement ne sera pas prononcé par la Cour suprême. On estime qu'environ 20.000 personnes seraient concernées par cette mesure.

Cette surveillance par satellite ne sera pas en mesure d'empêcher la récidive, puisque les bracelets fixés aux chevilles des personnes concernées peuvent être aisément retirés. C'est plutôt une fonction de dissuasion qui est ici recherchée. La technologie GPS permettra notamment de créer des zones interdites d'accès aux anciens condamnés (comme les abords des écoles ou les parcs publics) à l'aide de barrières virtuelles. Des alarmes peuvent être programmées dès que le porteur passe un certain temps dans ces zones, plutôt que de la traverser en voiture par exemple. Un fabriquant de bracelets de localisation a même inséré une radio à son produit afin que les surveillants puissent directement s'adresser aux surveillés! Les coûts de fonctionnement s'élèvent à 8$ par jour et par personne surveillée. Des problèmes techniques subsistent encore, étant donné que le signal GPS reste bloqué à l'intérieur des bâtiments.

Mais la véritable question que pose l'adoption de cette loi est celle de l'imminence d'une société de surveillance maximale, dans laquelle les capacités techniques seront utilisées pour maintenir un contrôle permanent sur les allées et venues d'anciens condamnés, ou de toutes les personnes jugées vulnérables comme les personnes âgées, les enfants ou les individus souffrant de désordres mentaux. La délégation de ces pratiques à des entreprises pose également le problème de l'intégrité des données relatives aux déplacements privés des individus.

23 octobre 2006

Un réseau de capteurs acoustiques à Washington

La ville de Washington vient de se doter d'un réseau de capteurs acoustiques destinés à détecter et à localiser des coups de feu de manière instantanée. Cette technologie développée par l'entreprise Shotspotter utilise un réseau de capteurs de la taille de pots de peinture dissimulés sur le toit d'immeubles pour trianguler la position géographique de coups de feu. Ce système permettrait aux policiers d'arriver sur les lieux suffisamment rapidement pour augmenter leurs chances d'arrestation d'un suspect et les chances de survie des victimes, et tout particulièrement dans des quartiers sensibles où la routine de ce genre d'événement n'entraîne pas systématiquement d'alertes téléphoniques de la population à la police. Si d'autres villes ont déjà adopté cette technologie, le fait que cette expérimentation soit subventionnée par le FBI et qu'une évaluation positive permette d'envisager une généralisation à d'autres quartiers et d'autres villes risque de ne pas laisser les investisseurs insensibles. Le coût pour équiper une ville de la taille de Washington serait de plusieurs millions de dollars.

Une nouvelle forme de surveillance sonore, qui complèterait l'omniprésente surveillance visuelle des caméras vidéos, est-elle en train de voir le jour? Si les capacités actuelles de Shotspotter semblent incapables de reconnaître une voix dans la masse ou d'isoler une conversation distante, on doit bien avouer qu'une telle possibilité devient envisageable, et qu'il faudra peut-être bientôt faire attention aux paroles que l'on prononcera en public.

11 octobre 2006

Les dollars tombent du ciel pour les drones policiers

Le budget du ministère étatsunien de la sécurité intérieure (DHS) pour l'année 2007 prévoit d'attribuer 25 millions de dollars pour l'achat et la mise en service de drones de surveillance des frontières maritimes et terrestres du pays (ce qui inclut la frontière avec le Canada). Cette décision n'a donc pas été affectée par l'écrasement d'un tel engin en avril dernier en Arizona, qui avait soulevé la question de la sécurité entourant l'utilisation de ces aéronefs sans pilotes dans des environnements non-guerriers. Plus récemment, deux drone belges de la force de paix EUFOR se sont écrasés au Congo dans la capitale Kinshasa, le plus récent incident ayant tué une personne et en ayant blessé deux autres. L'Autorité Fédérale de l'Aviation (FAA) américaine, consciente de nombreuses questions encore non résolues sur ce point a d'ailleurs signifié au Shériff de Los Angeles qui prévoyait de tester son propre drone la nécessité d'obtenir un permis de vol spécifique avant de poursuivre toute expérimentation. De plus, la FAA a mandaté la société Lockheed Martin afin de l'aider à intégrer ces nouveaux objets volants au trafic aérien civil déjà passablement congestionné. Petit détail d'importance, Lockheed est l'un des principaux fabricants de drones aux USA. Cela n'aidera certainement pas à une évaluation objective de l'efficacité de ces outils pour des missions policières, qui laisse certains observateurs tel que l'Inspecteur du DHS dubitatif. Celui-ci a en effet déclaré au Congrès américain en décembre 2005 que les drones, en raison de la maintenance requise et de leur fragilité structurelle coûtaient environ deux fois plus cher à utiliser que des aéronefs avec pilotes. Cette voix discordante n'a visiblement pas eu un grand impact sur les législateurs.

19 septembre 2006

La caméra de surveillance voudrait vous dire un mot

Dans un nouvel effort de déshumanisation des relations humaines, la ville de Middlesbrough, au Royaume Uni, vient de franchir un pas de géant pour l'humanité. Elle vient en effet d'installer sept caméras de surveillance munies de haut-parleurs, comme nous l'apprend une dépêche de l'AFP reprise dans La Presse. Ces haut-parleurs permettent aux opérateurs des caméras d'interpeller directement les personnes surprises en train de commettre des "incivilités" comme jeter des papiers gras par terre, traverser en dehors des passages piétons, ou vandaliser des équipements publics. Selon un conseiller municipal, il s'agit d'une "espèce d'humiliation publique, mais cela signifie que les gens ne recommenceront plus"... Ou peut-être vont-ils justement trouver distrayant de provoquer cette voix qui descend du ciel? Par ailleurs, ce souci de "nettoyer" l'espace urbain de tout signe visible de désordre donne lieu à une nouvelle forme de pollution sonore qui aura certainement vite fait d'exaspérer les piétons.

Cette dématérialisation des relations humaines, et
en particulier dans les activités de sécurité et de prévention, se manifeste également par la multiplication des robots de surveillance, qui sont destinés à remplacer les gardes de sécurité. Des entreprises comme Robosoft (en France), Mobile Robot (aux USA), ou encore Secom (au Japon), sont parmi les entreprises qui proposent ce genre de produits. La dernière des trois a développé le Robot X, qui est équipé de caméras, de haut-parleurs et d'un canon à fumée non toxique destiné à repousser les intrus en dehors du périmètre de sécurité patrouillé. Le coût de location de ce robot est d'environ 2.700 USD par mois, soit la moitié du salaire mensuel d'un garde de sécurité au Japon.

09 septembre 2006

Les profits du 11 septembre

À quelques jours du cinquième anniversaire des attentats contre les tours jumelles et le Pentagone, quelques articles viennent nous rappeler que si les secteurs du transport aérien, maritime, du tourisme ou des assurances ont subi des pertes considérables (les estimations des coûts directs dépassent les 80 milliards de dollars US), d'autres entreprises ont directement profité des besoins en équipements et en services de sécurité. Aux États-Unis seulement, les dépenses du gouvernement fédéral au titre de la sécurité sont passées de 17 milliards de dollars US en 2001 à 58 milliards en 2007, ce qui dépasse largement le rythme de l'inflation. Un article du MIT Technology Review dresse ainsi le portrait de petites entreprises qui ont connu une croissance fulgurante après avoir obtenu des contrats du Department of Homeland Security. Cependant, bien souvent, les décisions d'attribution des contrats sont prises dans l'urgence, et les technologies qu'on demande à ces start-ups de mettre sur le marché sont rarement opérationnelles, ce qui entraîne des gaspillages à la mesure de la montagne de billets verts dépensés. Le Washington Post a d'ailleurs révélé il y a quelques semaines de nombreux abus dans ce domaine. Au Québec également, la société Garda a su admirablement profiter du nouvel environnement d'insécurité créé par le 11 septembre, ce qui lui a permis de connaître une croissance exceptionnelle. Fondée il y a seulement 11 ans avec 25.000$ de capital, elle emploie aujourd'hui 20.000 employés et vient de faire son entrée sur le marché de la sécurité privée haut de gamme, avec le rachat de la société américaine Vance International (voir le dossier dans La Presse Affaires du samedi 9 sept. 06). Les employés de Garda assurent notamment le contrôle des passagers et des bagages (sous uniforme CATSA) aux aéroports de Montréal et de Toronto. Si les actionnaires de ces entreprises peuvent se réjouir pour l'instant des juteux contrats qu'elles obtiennent, les citoyens qui dépendent d'elles pour leur sécurité disposent encore de trop peu d'éléments pour évaluer objectivement leur contribution à la prévention des actes terroristes. À l'instar de Bruce Schneier, certains n'hésitent d'ailleurs plus à parler d'une théâtralisation de la sécurité, plus axée sur la perception que sur la réalité. Les décors et les figurants de la superproduction qu'on nous propose depuis cinq ans ne semblent toutefois pas suffisant pour convaincre tout le monde d'assister au spectacle.

02 septembre 2006

Les tasers arrivent en France

Les pistolets à impulsion électrique (ou taser en bon français) vont équiper prochainement la police nationale française, après une période d'expérimentation de quelques mois à Lyon. S'il est facile d'adhérer à l'idée que ce type d'armes à létalité réduite constitue une alternative préférable à l'utilisation d'armes à feu, les risques résiduels découlant de l'usage de tels équipement sont fréquemment passés sous silence par les policiers et leurs frabricants. Aux USA et au Canada, entre1999 et 2005, au moins 140 décès sont attribués à l'usage de tasers par les forces de l'ordre. Les victimes souffraient de problèmes cardiaques, se trouvaient dans des situations de stress intense ou étaient sous l'emprise de drogues, ce qui rendit la décharge électrique fatale. De plus, la tentation est forte pour de nombreux policiers d'étendre l'usage de cette arme qui ne laisse pas de traces à des situations non violentes, mais où la personne fait preuve d'un certain degré de résistance aux ordres qui lui sont donnés. Le nombre de procès intentés à la société Taser et aux forces de l'ordre s'accumule, et devant l'inquiétude des services de police américains, le Département de la Justice a annoncé en juin 2006 l'ouverture d'une enquête afin d'évaluer de manière un peu plus scientifique que les arguments marketing complaisamment relayés par les médias la dangerosité réelle de cette arme.

30 août 2006

Pepperface: c'est beau mais ça fait pleurer

La société Pepperface vient de mettre sur le marché ce qu'il affirme être la plus petite bombe lacrymogène au monde, destinée à l'autodéfense des femmes qui n'acceptent aucun compromis sur leur style, y compris dans les situations les plus dangereuses. Plusieurs modèles, dont certains incrustés de cristaux Swarovski, sont proposés, et les clientes à la créativité développée peuvent également concevoir leur propre motif décoratif. Outre le facteur esthétique, le concepteur n'hésite pas à jouer la carte de la peur, en rappelant à chaque cliente potentielle que les risques de se faire agresser sont importants, quel que soit l'âge, le lieu ou le moment de la journée. Ce mélange de glamour et de peur s'accompagne d'une bonne conscience sociale, puisqu'un dollar sur chaque bombe vendue est généreusement donné à une association de lutte contre la violence domestique et les agressions sexuelles. Bref, on joue sur tous les tableaux possibles sans aucune vergogne. D'ailleurs, l'iconographie du site laisse également entendre à des attaquants potentiels un peu masochistes qu'ils pourraient même trouver du plaisir à se faire asperger le visage de poivre de cayenne par une amazone plus dominatrice qu'en position d'auto-défense.

25 août 2006

Le crochetage de serrure: nouveau sport olympique?

Le crochetage de serrure, qui jusque-là était réservé aux serruriers et aux cambrioleurs fait son entrée dans le monde des loisirs. De nombreux sites Internet ont en effet permis de populariser un savoir qui auparavant était jalousement gardé par un petit groupe d'experts. Un Guide de crochetage des serrures à goupille peut ainsi être téléchargé gratuitement et librement dans sa traduction française, et dans de nombreuses autres langues. Une association d'enthousiastes du crochetage a également été créée en Allemagne. Si on peut déjà rester perplexe quand à la faible protection que semblent offrir des serrures standard devant la pratique relativement aisée de "l'art" du crochetage, une nouvelle technique ayant fait son apparition en Allemagne et en Amérique du Nord (le bumping) vient démontrer la faiblesse structurelle de la plupart des serrures à goupille. Cette méthode permet en effet à n'importe quel novice de crocheter n'importe quelle serrure après une formation de quelques minutes, et sans vraiment faire appel à une compréhension de la mécanique interne des serrures.

Si cette nouvelle pose un certain nombre de questions sur la protection véritable des espaces privés et la complaisance de l'industrie de la serrurie, ses ramifications s'étendent également au vol d'identité. Celui-ci sera en effet rendu d'autant plus facile par une large diffusion des techniques d'ouverture des boîtes aux lettres. Même les cyber-crimes contiennent ainsi un élément de très basse technologie qui pourrait être aisément prévenu.

18 juillet 2006

Les iPods bannis des entreprises canadiennes

Un sondage de la firme Ipsos-Reid rendu public aujourd'hui semble indiquer une méfiance de plus en plus prononcée des entreprises canadiennes à l'encontre des gadgets miniaturisés de stockage des données tels que les iPods ou les barettes de mémoire flash (clés USB). Réalisé entre mars et mai 2006 auprès de 259 grandes et moyennes entreprises, et commandité par la société Sun Microsystems, ce sondage portait sur la sécurité de l'information dans ces entreprises.

50% des dirigeants sondés ont déclaré interdire à leurs employés d'utiliser leur propre ordinateur portable ou des clés USB personnelles sur leur lieu de travail, et 30% ont interdit à ceux-ci d'utiliser des lecteurs MP3, qui pourraient servir à voler de grandes quantités d'informations privilégiées à partir des ordinateurs fixes ou du réseau intranet de l'entreprise. Cependant, de l'aveu même des managers interrogés, 17% disent ne pas avoir une idée précise des risques associés à l'accés distant de leurs employés au réseau informatique de l'entreprise, et 13% évaluent comme peu efficaces les mesures qu'ils mettent en oeuvre pour gérer les risques générés par de telles technologies. Pour 42% des managers interrogés, le risque le plus grave pouvant toucher l'entreprise est de se faire subtiliser des informations relatives à ses clients.

13 juillet 2006

Quand le cerveau vient à l'aide des machines

Le Professeur Paul Sadja, directeur du Laboratoire d'imagerie intelligente et d'informatique neuronale de l'Université Columbia vient de recevoir une importante subvention de la DARPA afin de développer une interface cerveau-machine permettant d'accélérer considérablement le traitement de données visuelles. Le cerveau humain traite en effet les informations visuelles plus rapidement que notre conscience, et les ordinateurs sont peu efficaces dans l'identification automatisée de formes et de contextes visuels. En élaborant un système de vision informatique couplable à un cerveau (C3 vision), le professeur Sadja espère rendre les humains capables de traiter 10 fois plus d'images qu'ils ne pourraient le faire sans assistance. Le magazine Wired a mis en lignes quelques photos permettant de mieux comprendre le fonctionnement de ce système. Les services de renseignement et de police, ainsi que les entreprises de sécurité privée pourraient lui trouver une grande utilité pour analyser des quantités importantes d'images de surveillance déversées sur leurs écrans par des milliers de caméras filmant en permanence.

12 juillet 2006

Deux exemples d'échecs dans la lutte contre le terrorisme

Deux articles illustrent les nombreux ratés que connait la lutte contre la terrorisme menée par le gouvernement américain, malgré les discours optimistes de l'administration Bush:

Le premier dresse un profil de l'entreprise SAIC, qui est l'un des principaux fournisseurs de service aux agences de renseignements et au Pentagone. Elle fait travailler 43.000 employés, dont la moitié disposent d'une côte de sécurité, et son chiffre d'affaire pour l'année 2003 était estimé à 4.7 milliards de dollars. Sa désorganisation (et celle de ses clients) est en partie responsable du fiasco de deux programmes majeurs informatiques du FBI (Virtual Case File) et de la NSA (Trailblazer), qui ont dû être abandonnés aprés des centaines de millions de dollars d'investissements. L'article évoque d'ailleurs une proposition de loi exigeant que les agences de renseignement spécifient chaque année les tâches sous-traitées au secteur privé et les ressources déployées par les fournisseurs privés pour atteindre les objectifs fixés.

Le deuxième article, publié par le New York Times aujourd'hui révèle les conclusions d'un rapport de l'Inspecteur général du Department of Homeland Security, portant sur la base de données des sites potentiellement exposés à des attaques terroristes. Outre le fait que certains états peu peuplés aient repertorié dans cette base de donnée jusqu'à deux fois plus de sites sensibles que des cibles géographiques naturelles comme New York ou la capitale fédérale, le rapport se pose la question de la pertinence de certaines "infrastructures" incluses dans la liste: on y retrouve notamment des marchés aux puces, des foires agricoles, des maisons de retraites, des stands de crème glacée ou même une fabrique de pop-corn en Indiana. Le propriétaire de cette dernière, un Amish, est bien en peine d'expliquer pourquoi son entreprise se trouve répertoriée dans cette base de données, si ce n'est que son produit est lui aussi susceptible d'exploser!

06 juillet 2006

Les ordinateurs du FBI piratés

Des accusations contre un ancien consultant informatique du FBI qui a réussi à pirater les bases de données les plus sensibles de l'organisation ont été rendues publiques aujourd'hui à Washington. Le consultant, frustré par la pesanteur bureaucratique du FBI avait décidé de s'infiltrer dans le système de l'organisation afin d'accélérer certaines procédures techniques. Après s'être procuré deux logiciels téléchargeables sur n'importe quel site consacré au piratage informatique, Joseph Colon a pu obtenir les mots de passe de nombreux utilisateurs haut placés dans la hiérarchie et décrypter ces derniers pour accéder aux fichiers les plus sensibles du FBI. Il a notamment pu consulter la base de données du programme des témoins protégés, qui offre une nouvelle identité aux délateurs et aux personnes collaborant avec le FBI dont la vie est potntiellement en danger. Il a également accédé aux informations concernant les enquêtes en cours dans le domaine du contre-espionnage. Un porte-parole du FBI a déclaré qu'une fois les brêches constatées, plusieurs milliers d'heures de travail ont été investies afin de sécuriser l'ensemble du réseau.

Cet incident vient parfaitement illustrer à quel point des organisations de sécurité et de renseignement ayant investi plusieurs centaines de millions dans leur équipement informatique ne sont elles-même pas à l'abri d'attaques informatiques, celles-ci n'ayant pas besoin d'adopter une méhodologie trés sophistiquée. C'est à la fois inquiétant, en ce qui concerne la compétence des institutions chargées d'assurer notre sécurité, mais aussi rassurant quand aux dysfonctionnements de la machine de surveillance maximale que certains nous promettent.

07 avril 2006

Les drones recrutés par la police

Le Bureau du Sheriff de Los Angeles se lance dans l'expérimentation d'un drone pour des missions de sauvetage et de poursuite à pied en milieu urbain. Ce véhicule aérien sans équipage pèse un peu moins de deux kilos et vole à une altitude de 80 mètres, ce qui le rend pratiquement invisible et inaudible. Il est équipé d'un système de positionnement par satellite (GPS) et de caméras vidéo numériques qui relaient leurs images au sol par le biais d'un émetteur sans fil à des opérateurs qui peuvent le piloter à distance.

Il coûte 30.000 US$, ce qui représente une nette économie par comparaison avec un hélicoptère, dont le coût d'achat avoisine les 2 millions de dollars, et dont chaque heure de vol peut entraîner des frais dépassant les 2.000 US$. Par ailleurs, il peut être utilisé dans des situations dangereuses sans que la vie de policiers soit menacée. L'armée américaine étudie également l'utilisation de drones en milieu urbain, mais les nombreux obstacles qui parsèment l'environnement architectural rendent celle-ci beaucoup plus complexe que sur un champ de bataille traditionnel. Par ailleurs, les drones policiers devront certainement partager l'espace aérien avec des aéronefs civils, et être par conséquent dôtés de systèmes de sécurité beaucoup plus sophistiqués que ceux existant.

06 avril 2006

La multibiométrie

La biométrie est en train de devenir la nouvelle référence en matière de vérification de l'identité personnelle, en établissant cette dernière à partir des caractéristiques physiques d'un individu plutôt que des papiers (carte d'identité, passeport) qu'il a en sa possession. Pourtant, malgré les affirmations des frabriquants d'équipements biométriques, la fiabilité des solutions existantes est loin être suffisamment robuste pour justifier un déploiement généralisé.

Les empreintes digitales sont en effet faciles à reproduire, soit naturellement en sectionnant les doigts des personnes dont on cherche à usurper l'identité, soit en reproduisant les empreintes à l'aide d'un doigt artificiel fabriqué à l'aide de gélatine et de silicone (voir à cet effet la communication de Tsutomo Matsumoto, chercheur à l'Université de Yokohama). La reconnaissance faciale en deux dimensions (largeur et hauteur du visage) souffre d'imprécision en cas d'éclairage défaillant, et peut difficilement différencier les postiches (lunettes, fausses moustaches, perruques...) des attributs naturels d'un visage.

Le chercheur de l'Université du Michigan Anil K. Jain propose dans ce contexte de généraliser le concept de multibiométrie, qui s'appuie sur une combinaison de plusieurs méthodes afin d'augmenter le taux d'identification formel et de réduire à moins de 1% le taux d'erreur.
Jain utilise principalement trois sources d'informations: la biométrie "douce" qui travaille à partir de critères ne permettant pas d'établir l'identité d'une personne, mais de préciser celle-ci en cas de doute. On fait allusion ici à des caractéristiques telles que la taille, le poids, le genre, la couleur des yeux ou des cheveux. En deuxième lieu, on procède à une reconnaissance faciale en 3 dimensions en ajoutant la profondeur, qui rend toute tentative de déguisement plus facilement décelable. Enfin, on ne se limite pas aux empreintes digitales, mais on combine celles-ci avec une analyse des dimensions de la main (la communication complète et technique d'Anil Jain peut être téléchargée ici). D'autres applications pourraient également inclure la reconnaissance vocale.

04 avril 2006

La recherche sur les armes électromagnétiques

Le blog Defense Tech a publié il y a quelques semaines une note faisant le point sur les recherches de l'armée américaine portant sur les armes moins létales, c'est-à-dire des armes qui en théorie ne mettent pas en danger la vie de ceux contre qui elles sont dirigées. Ces armes sont principalement développées afin d'être utilisées dans des environnements urbains où il est difficile de différencier les combattants des civils. On évoque également leur usage dans les opérations de maintien de l'ordre et le marché pour ces équipements concerne aussi bien les forces armées que les services de police.

Deux technologies semblent actuellement intéresser la Marine américaine: les armes qui émettent des micro-ondes et les lasers. Ces deux armes produisent des rayonnements pouvant être dirigés vers des individus chez qui elles vont provoquer de vives sensations de douleur, assimilées par le cerveau à des brûlures. Les rayons n'endommagent pas l'épiderme à proprement parler, mais activent les terminaisons nerveuses chargées de transmettre au cerveau des informations telles que la chaleur, la pression, le froid... Les chercheurs affirment même que des sensations visuelles, orlfactives ou sonores désagréables pourraient être stimulées par l'intermédiaire de ces rayonnements, dans le but de désorienter ou de paralyser la personne visée.

Ce type de recherches pose évidemment de nombreux problèmes éthiques: Tout d'abord, les recherches préliminaires restent muettes sur les séquelles à long terme pouvant résulter d'une exposition à ces armes. Si des séquelles physiques semblent peu probables, les dommages potentiels permanents causés au système nerveux et les traumatismes psychologiques qu'ils pourraient entraîner sont méconnus. Certains chercheurs dont les travaux sur la douleur sont utilisés pour développer ces armes s'élèvent également contre la dénaturation de ceux-ci. Enfin, de telles armes constitueraient un outil de torture idéal, ne laissant aucune trace sur le corps mais pouvant entraîner une souffrance insupportable.