- Le Pentagone va tester l'utilisation de ses drones pour surveiller les zones maritimes où la piraterie représente un problème pour le commerce international, et notamment dans le Détroit de Malacca;
- Pendant ce temps, l'agence de recherche du ministère de la défense US (la DARPA) vient d'accorder des subventions à plusieurs laboratoires pour concevoir de mini-caméras de surveillance pouvant être dispersées dans un environnement urbain en utilisant des armes à feu qui les tireraient comme des projectiles normaux. Le concept est de disperser et de mettre en réseaux plusieurs centaines de caméras peu onéreuses plutôt que de s'appuyer sur des caméras de surveillance fixes manquant de flexibilité;
- Enfin, l'Université d'Arizona est en train de développer un logiciel qui permettrait d'identifier un internaute à partir de son style d'écriture, et de suivre à la trace l'ensemble de ses contributions faites sur Internet, aussi nombreux soient les pseudonymes qu'il (ou elle) utilise. L'objectif avoué est de détecter des terroristes à partir de leurs contributions sur les sites Internet jihadistes, mais on peut évidemment entrevoir toute une série d'applications bien plus larges.
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26 septembre 2007
Surveillance omniprésente
Quelques brèves qui nous laissent entrevoir le futur peu rassurant de la surveillance:
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07 août 2007
Des capteurs qui aident les machines à contrôler les humains
Comme c'est très souvent le cas dans ce genre d'innovation, la question des contre-mesures déployées par les conducteurs ennivrés n'est pas abordée. Le simple fait de porter une paire de gants suffirait par exemple à contourner le système d'analyse de la transpiration implanté sur le pommeau du levier de vitesse, et on imagine mal une loi qui interdirait aux conducteurs le port des gants.
Ce qui me semble cependant très significatif dans cette annonce, c'est que des laboratoires de recherche sont en train de travailler sur de nouvelle génération de capteurs conçus pour se fondre de manière presque invisible dans les objets qui nous entourent, afin de mieux mesurer des états physiques ou psychologiques associés à des risques, et par extension contrôler nos comportements afin de réduire ces risques. Là où la décision était auparavant prise par des êtres humains et leurs capacités de jugement, des machines peuvent maintenant être programmées pour autoriser ou interdire l'accès à des lieux, des biens ou des services selon des normes juridiques ou des critères de risque préalablement définis. L'architecture technique de notre quotidien semble ainsi s'orienter vers l'intégration de mécanismes de contrôle et de contrainte omniprésents qui seront bien plus intrusifs que les technologies de surveillance passive qui nous sont familières.
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07 juin 2007
Quelques changements sur ce blog
Comme vous l'avez peut-être remarqué ces derniers jours, la fréquence d'actualisation de ce blog a considérablement diminué. En effet, j'assume depuis le 1er juin et pour un an le poste de Directeur par intérim du Centre International de Criminologie Comparée. Ces nouvelles tâches viennent se rajouter à un emploi du temps assez chargé et j'ai donc décidé de limiter mes billets pour l'année à venir à des liens vers des articles que je trouve intéressant, sans trop développer de commentaires.
Le premier concerne le débat autour du nouveau service Streetview offert par Google, qui porte atteinte selon certains à la vie privée des passants photographiés à leur insu dans des lieux ou en train de commettre des actes compromettants:
L'article de la Presse - Technaute
Le premier concerne le débat autour du nouveau service Streetview offert par Google, qui porte atteinte selon certains à la vie privée des passants photographiés à leur insu dans des lieux ou en train de commettre des actes compromettants:
L'article de la Presse - Technaute
26 mai 2007
Les entreprises peuvent-elles vraiment protéger nos informations personnelles?
Un récent sondage du Ponemon Institute, une entreprise de consultants spécialisée dans les questions de protection de la vie privée, laisse penser que non.
Le sondage, mené aux USA auprès de 700 gestionnaires de sécurité informatique (selon un méthodologie critiquable comme souvent dans ce type d'études) nous donne quelques résultats qui laissent songeur: bien que 85% des répondants aient déclaré avoir été victimes d'incidents ayant menacé l'intégrité des données personnelles de clients ou d'employés de l'entreprise par le passé, moins de la moitié avaient planifié et mis en oeuvre un plan d'action afin d'éviter que ce type d'incident ne se reproduise. L'explication la plus fréquemment avancée était que les entreprises ne croient pas que la compromission des données personnelles dont elles sont les détentrices se traduira par une perte de revenus ou de clientèle.
Il apparaîtrait que cette "pensée magique" relève d'un aveuglement délibéré, puisque les résultats du sondage montrent que:
La négligence et l'insouciance des organisations (entreprises et services publics) semble donc à l'heure actuelle une menace bien plus réelle qu'une conspiration mondiale de pirates informatiques alliés aux parrains du crime organisé traditionnel.
Le sondage, mené aux USA auprès de 700 gestionnaires de sécurité informatique (selon un méthodologie critiquable comme souvent dans ce type d'études) nous donne quelques résultats qui laissent songeur: bien que 85% des répondants aient déclaré avoir été victimes d'incidents ayant menacé l'intégrité des données personnelles de clients ou d'employés de l'entreprise par le passé, moins de la moitié avaient planifié et mis en oeuvre un plan d'action afin d'éviter que ce type d'incident ne se reproduise. L'explication la plus fréquemment avancée était que les entreprises ne croient pas que la compromission des données personnelles dont elles sont les détentrices se traduira par une perte de revenus ou de clientèle.
Il apparaîtrait que cette "pensée magique" relève d'un aveuglement délibéré, puisque les résultats du sondage montrent que:
- 74% des victimes organisationnelles d'une perte ou d'un vol de données déclaraient avoir perdu des clients;
- 59% s'exposaient à des poursuites devant des tribunaux;
- 33% risquaient de recevoir des amendes de la part de diverses autorités règlementaires;
- et 32% avaient vu la valeur de leurs actions baisser à la suite de la divulgation (obligatoire aux USA) de tels incidents.
La négligence et l'insouciance des organisations (entreprises et services publics) semble donc à l'heure actuelle une menace bien plus réelle qu'une conspiration mondiale de pirates informatiques alliés aux parrains du crime organisé traditionnel.
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23 mai 2007
Les billets de train du Petit Poucet japonais
Le journal La Presse rapporte qu'une compagnie japonaise de chemins de fer de Tokyo vient de lancer un service de localisation des enfants par l'intermédiaire de leur carte de transport. Les parents qui le souhaitent peuvent se prévaloir de ce service gratuit pour être avertis par email des déplacements de leur progéniture dans les transports en commun: lors de chaque passage près d'une borne d'accès aux trains (à l'entrée ou à la sortie des gares par exemple), les cartes sans contact des petits abonnés alimentent une base de données qui peut ensuite être paramétrée pour envoyer des alertes personnalisées. Des messages électroniques peuvent ainsi être directement envoyés par téléphone mobile aux parents lorsque l'enfant vient d'entrer dans la gare de départ, est arrivé à sa gare de destination, ou encore est descendu dans une gare qui ne devrait pas se trouver sur son trajet quotidien.
Selon un sondage réalisé lors de la phase d'expérimentation auprès de 2000 cobayes, le taux de satisfaction des parents est très élevé, avec plus de 98% des répondants se disant davantage rassurés par un tel système. Pourtant, la société japonaise ne semble pas réellement exposée à une vague de criminalité incontrôlée, bien au contraire. Par ailleurs, la nature anxiogène de ce nouveau service, qui génère chez ceux qui l'utilisent de nouvelles attentes concernant le contrôle des allées et venues de leur progéniture et une insécurité accrue lors de tout dysfonctionnement reste complètement occultée.
Selon un sondage réalisé lors de la phase d'expérimentation auprès de 2000 cobayes, le taux de satisfaction des parents est très élevé, avec plus de 98% des répondants se disant davantage rassurés par un tel système. Pourtant, la société japonaise ne semble pas réellement exposée à une vague de criminalité incontrôlée, bien au contraire. Par ailleurs, la nature anxiogène de ce nouveau service, qui génère chez ceux qui l'utilisent de nouvelles attentes concernant le contrôle des allées et venues de leur progéniture et une insécurité accrue lors de tout dysfonctionnement reste complètement occultée.
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03 mai 2007
Des caméras de surveillance qui respectent la vie privée
D'autres centres de recherche US travaillent sur des technologies identiques, comme le Laboratoire multimédia d'analyse de l'information de l'Université du Kentucky, qui développe des solutions alternatives où les informations d'identification sont séparées du flux des images enregistrées.
Ces initiatives nous rappellent que la technologie offre de nombreuses possibilités, aussi bien dans le domaine de la surveillance que dans celui de la protection de la vie privée, et qu'il revient aux politiques de l'encadrer et de la façonner autant que de prendre acte de ses avancées, au risque de nous déposséder de nos prérogatives de gouvernance.
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06 avril 2007
Montréal: capitale de la protection de la vie privée en 2007
Sans trompettes ni fanfare, Montréal deviendra en 2007 la capitale mondiale de la protection de la vie privée, avec la tenue de deux conférences internationales de référence sur le sujet. La première, intitulée "Computers, freedom and privacy", aura lieu du 1er au 4 mai au Hilton Bonaventure. Elle donnera lieu à des présentations plénières par des conférenciers prestigieux comme Bruce Schneier, et des interventions par des représentants d'agences canadiennes et américaines d'application de la loi qui viendront disserter sur les tensions entre sécurité nationale et respect de la vie privée dans l'environnement post-11 septembre. La seconde conférence, placée sous le haut patronage de la Commissaire à la Protection de la Vie Privée du Canada se tiendra du 25 au 28 septembre 2007 à l'hôtel Sheraton. Elle a pour titre "Terra Incognita: les horizons de la protection de la vie privée", et elle rassemblera les commissaires et agences de protection de la vie privée du monde entier.
On doit bien entendu se réjouir d'une telle prolifération des forums de discussion sur cette question d'actualité, mais on peut néanmoins se questionner sur l'émergence d'une véritable "industrie" de la protection de la vie privée, qui se réunit à intervalles réguliers dans des hôtels de luxe, et sur l'accès que peuvent avoir des militants aux moyens modestes à de tels forums. En effet, les frais d'inscription des deux événements s'élèvent respectivement à 725 US$ et 1295 C$ (les étudiants bénéficient de rabais conséquents), ce qui les place au-delà des moyens de nombreuses personnes et associations intéressées.
Pour ceux qui sont dans l'obligation de faire rimer vie privée avec frugalité, le Département d'informatique et de recherche opérationnelle de l'Université de Montréal organise le 5 mai, en collaboration avec les HEC Montréal, un atelier (en anglais) gratuit sur la vie privée en commerce électronique.
On doit bien entendu se réjouir d'une telle prolifération des forums de discussion sur cette question d'actualité, mais on peut néanmoins se questionner sur l'émergence d'une véritable "industrie" de la protection de la vie privée, qui se réunit à intervalles réguliers dans des hôtels de luxe, et sur l'accès que peuvent avoir des militants aux moyens modestes à de tels forums. En effet, les frais d'inscription des deux événements s'élèvent respectivement à 725 US$ et 1295 C$ (les étudiants bénéficient de rabais conséquents), ce qui les place au-delà des moyens de nombreuses personnes et associations intéressées.
Pour ceux qui sont dans l'obligation de faire rimer vie privée avec frugalité, le Département d'informatique et de recherche opérationnelle de l'Université de Montréal organise le 5 mai, en collaboration avec les HEC Montréal, un atelier (en anglais) gratuit sur la vie privée en commerce électronique.
16 mars 2007
Le photocopieur pourrait bien avaler votre identité
Le Boston Globe reprend une dépêche de l’Associated Press selon laquelle les photocopieurs récents équipés de disques durs pourraient être la cible des voleurs d’identité s’ils ne sont pas adéquatement protégés par des logiciels de cryptage des données. En effet, les machines fabriquées au cours des cinq dernières années scannent les documents avant de les reproduire. Elles sont fréquemment utilisées dans des entreprises ou dans des lieux publics (bibliothèques, commerces de quartier…) pour réaliser des copies de papiers d’identité, de déclarations d’impôts, etc. Leur accès n’est en général pas contrôlé, et les informations personnelles contenues dans les disques durs pourraient donc aisément se retrouver entre de mauvaises mains. Selon un sondage réalisé par l’un des principaux fabricants de photocopieurs, 55% des américains prévoient de conserver une photocopie de leur déclaration d’impôts.
01 mars 2007
L'identité numérique
Vous trouverez ici l'enregistrement de l'émission de radio Citoyen Numérique dans laquelle j'ai fait une intervention la semaine dernière sur le thème de l'identité numérique et des questions de sécurité et de respect de la vie privée qui en découlent. J'ai pris la parole dans la seconde demi-heure de l'émission, après le morceau de punk québécois! Merci à Michel Dumais pour cette émission fort stimulante.
24 février 2007
Des machines à rayons X pour fouiller les personnes
Cette technologie, développée par la société American Science and Engineering permettrait de détecter des explosifs liquides. Elle est aussi dotée d'un algorithme de protection de la vie privée qui atténue les détails du corps des personnes concernées et transmet seulement à l'opérateur de la machine le contour de la silhouette et les objets suspects identifiés (voir photo). Ce détail est susceptible de rendre plus acceptable cette technologie pour de nombreux passagers puritains ou peu désireux de voir leurs formes inspectées en détail par des agents de sécurité. Ces derniers procèderons d'ailleurs à l'inspection dans un réduit fermé aux regards étrangers. Si cette technologie est adoptée, chaque appareil coûtera 11.000 $. Une précédente technologie d'analyse des particules présentes dans l'air, pourtant prometteuse, a cependant été abandonnée en raison de sa fiabilité réduite et de son coût élevé.
Les avis des chercheurs en santé interrogés par le New York Times sur cette technologie sont partagés: alors que pour certains elle est sans dangers, d'autres évoquent néanmoins des préoccupations concernant l'exposition aux rayonnements, notamment pour les femmes enceintes et les jeunes enfants.
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06 février 2007
La surveillance au service des personnes âgées
Les accès aux données recueillies par de tels systèmes et le consentement éclairé des personnes âgées qui sont placées sous leur surveillance posent évidemment des questions éthiques. Mais on peut également se demander si ces systèmes ne viennent pas compenser la perte d'une sociabilité de voisinage qui constituait un système de veille informel, et les arrangements familiaux multi-générationnels de prise en charge. Dans ce contexte précis, la surveillance est le symptôme de changements sociaux assez radicaux qui n'ont que bien peu à voir avec l'expansion d'un État sécuritaire.
31 janvier 2007
Les petites soeurs de Big Brother
Un documentaire de l'émission Temps Présent de la Télévision Suisse Romande sur l'utilisation des caméras de surveillance et d'autres technologies de contrôle en Suisse et au Royaume Uni.
(Merci Manon!)
02 janvier 2007
Les centres de fusion du renseignement
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06 décembre 2006
Nouvelles en bref
MySpace se lance à la chasse aux pédophiles
Le site internet de réseau social MySpace vient de conclure un accord avec la société Sentinel Tech Holding afin de construire une base de données lui permettant de détecter les prédateurs sexuels et de bloquer leur accès à ses services. Cette base de données privée viendra consolider au niveau national les registres publics d'agresseurs sexuels déjà accessibles en ligne dans de nombreux états américains. Elle contiendra environ 550.000 noms. Personne n'a encore précisé quelles seront les procédures de rectification offertes en cas d'erreur, ni la politique de mise à jour et d'effacement des données.
Un dossier spécial de Libération sur les dangers de l'Internet collaboratif
Les site Écrans, qui appartient la galaxie Libération vient de mettre en ligne une série d'articles et d'entretiens sur les risques que font peser les nouveaux sites collaboratifs sur la protection de la vie privée. Vous pourrez lire mes réponses aux questions de la journaliste Frédérique Roussel ici.
Le Pentagone vient de franchir une nouvelle étape dans le déploiement d'armes à létalité-réduite
Le site Wired vient d'obtenir des documents faisant état de la certification d'un nouveau système d'armes à létalité réduite en développement depuis une dizaine d'années par l'armée de l'air américaine. Ce système, à base d'ondes millimétriques, provoque une intense sensation de brûlure chez les personnes qui sont soumises à son rayonnement. Il a notamment été testé dans des situations de maintien de l'ordre pour disperser des manifestants, ainsi que dans des configurations de guérilla urbaine. D'après les journalistes, des systèmes embarqués à bord d'avions de combat son en développement. Cette arme n'aurait pas encore été déployée sur les champs de bataille.
Le site internet de réseau social MySpace vient de conclure un accord avec la société Sentinel Tech Holding afin de construire une base de données lui permettant de détecter les prédateurs sexuels et de bloquer leur accès à ses services. Cette base de données privée viendra consolider au niveau national les registres publics d'agresseurs sexuels déjà accessibles en ligne dans de nombreux états américains. Elle contiendra environ 550.000 noms. Personne n'a encore précisé quelles seront les procédures de rectification offertes en cas d'erreur, ni la politique de mise à jour et d'effacement des données.
Un dossier spécial de Libération sur les dangers de l'Internet collaboratif
Les site Écrans, qui appartient la galaxie Libération vient de mettre en ligne une série d'articles et d'entretiens sur les risques que font peser les nouveaux sites collaboratifs sur la protection de la vie privée. Vous pourrez lire mes réponses aux questions de la journaliste Frédérique Roussel ici.
Le Pentagone vient de franchir une nouvelle étape dans le déploiement d'armes à létalité-réduite
Le site Wired vient d'obtenir des documents faisant état de la certification d'un nouveau système d'armes à létalité réduite en développement depuis une dizaine d'années par l'armée de l'air américaine. Ce système, à base d'ondes millimétriques, provoque une intense sensation de brûlure chez les personnes qui sont soumises à son rayonnement. Il a notamment été testé dans des situations de maintien de l'ordre pour disperser des manifestants, ainsi que dans des configurations de guérilla urbaine. D'après les journalistes, des systèmes embarqués à bord d'avions de combat son en développement. Cette arme n'aurait pas encore été déployée sur les champs de bataille.
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04 décembre 2006
Psiphon contre la censure sur Internet
Cependant, la question de la confiance s'avère dans la pratique une arme à double tranchant: en effet, il ne sera pas toujours évident pour des militants des droits de la personne d'identifier des personnes de confiance hors de leur pays si les déplacements leurs sont interdits. Ensuite, la question de la responsabilité concernant les contenus illégaux (pédo-pornographie, contenus incitant à la haine et à la violence...) téléchargés par les utilisateurs à l'aide de tierces machines n'est pas évoquée par les concepteurs. Enfin, les autorités de ces pays pourraient certainement utiliser des logiciels d'analyse de réseaux sociaux pour identifier des dissidents encore inconnus en surveillant les communications correspondant aux particularités d'usage de Psiphon. Il ne semble donc pas que Psiphon soit destiné aux militants sous intense surveillance policière, mais plutôt aux internautes "ordinaires" désireux de contourner les systèmes de censure automatisés de leur pays, ce qui n'est déjà pas si mal.
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31 août 2006
La mémoire des portables
La société Trust Digital vient de rendre publics les résultats d'une petite expérience menée sur la sécurité des données stockées sur les assistants personnels type Treo et Blackberry, ainsi que sur des modèles courants de téléphones portables permettant à leurs utilisateurs d'accéder à leurs courriels. L'entreprise s'est procuré une dizaine de téléphones d'occasion sur eBay, et en a exploré les entrailles. Les données mal ou peu protégées récupérées incluaient:
- La correspondance entre un homme marié --que sa femme suspectait-- et sa maîtresse;
- Des détails confidentiels sur des contrats de plusieurs millions de dollars en cours de négociation;
- Des comptes bancaires et les mots de passe associés;
- Des ordonnances médicales.
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07 juillet 2006
Brèves de clavier
50.000 passeports canadiens dans la nature
Le Journal de Montreal a obtenu des informations de la Gendarmerie Royale du Canada décrivant les inquiétudes de celle-ci quant à 50.000 passeports volés ou perdus au cours des 4 dernières années, dont une part importante se retrouverait sur le marché noir. Les passeports canadiens seraient en effet idéaux pour les faussaires et les terroristes, puisque leur détenteur attire en général peu l'attention des douaniers à l'étranger. Les listes de passeports perdus ou volés ne sont par ailleurs pas communiquées aux douaniers canadiens.
Les 16 ans de l'Electronic Frontier Foundation
L'EFF, qui défend aux États Unis les droits des internautes contre les abus du gouvernement et des grandes entreprises, fête aujourd'hui ses 16 ans d'existence. Le Globe and Mail nous propose un retour en arrière sur l'histoire de cette association et ses succès, ainsi que ses combats futurs.
Les gangs de rue sur Internet
Toujours dans le Globe and Mail, un article sur la présence en ligne des gangs de rue étatsuniens (les célèbres Bloods et Crips) qui n'hésitent pas à afficher sur leurs sites personnels (Myspace et autres) des photos de leurs exploits illégaux, de leurs membres armés jusqu'aux dents, ou encore des défis lancés aux gangs ennemis. Cependant, cette présence en ligne serait une manne pour les services de police qui s'en servent comme d'une source supplémentaire de renseignements.
Le Journal de Montreal a obtenu des informations de la Gendarmerie Royale du Canada décrivant les inquiétudes de celle-ci quant à 50.000 passeports volés ou perdus au cours des 4 dernières années, dont une part importante se retrouverait sur le marché noir. Les passeports canadiens seraient en effet idéaux pour les faussaires et les terroristes, puisque leur détenteur attire en général peu l'attention des douaniers à l'étranger. Les listes de passeports perdus ou volés ne sont par ailleurs pas communiquées aux douaniers canadiens.
Les 16 ans de l'Electronic Frontier Foundation
L'EFF, qui défend aux États Unis les droits des internautes contre les abus du gouvernement et des grandes entreprises, fête aujourd'hui ses 16 ans d'existence. Le Globe and Mail nous propose un retour en arrière sur l'histoire de cette association et ses succès, ainsi que ses combats futurs.
Les gangs de rue sur Internet
Toujours dans le Globe and Mail, un article sur la présence en ligne des gangs de rue étatsuniens (les célèbres Bloods et Crips) qui n'hésitent pas à afficher sur leurs sites personnels (Myspace et autres) des photos de leurs exploits illégaux, de leurs membres armés jusqu'aux dents, ou encore des défis lancés aux gangs ennemis. Cependant, cette présence en ligne serait une manne pour les services de police qui s'en servent comme d'une source supplémentaire de renseignements.
05 juillet 2006
Profil d'un voleur d'identité
Le New York Times a publié dans son édition d'hier le profil détaillé d'un voleur d'identité basé sur un long interview avec celui-ci (derrière les barreaux). À tout juste 21 ans, Shiva Brent Sharma a déjà été arrêté 3 fois, et a accumulé plus de 150.000$ en gains illégaux amassés grâce à des cartes de crédit contrefaites et des transferts de fonds illicites (à partir de codes d'accès obtenus par phishing). Issu d'une famille de la classe moyenne et ayant fréquenté les écoles publiques les plus sélectives, Sharma affirme être incapable de résister à la facilité avec laquelle quelques heures de "travail" derrière son ordinateur et sur les sites d'échange d'identités volées lui permettent de se procurer des dizaines de milliers de dollars. Il établit d'ailleurs un parallèle avec une addiction à l'argent facile. Cet article décrit son glissement de simple observateur sur les sites en question à celui d'habitué puis de participant aux échanges qui s'y mènent. La nature pédagogique de ces sites, où l'on peut apprendre à son propre rythme comment se procurer les informations personnelles requises et comment monter sa propre filière de vol d'identité, est également parfaitement décrite. En somme, on est loin d'être en présence d'un criminel endurci appartenant à une groupe structuré issu du crime organisé, mais d'un individu incapable de résister aux opportunité d'argent rapide et facile qui se sont présentées à lui.
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04 juillet 2006
Surveillance au Canada: l'indifférence
Dans un éditorial corrosif du Toronto Star, Thomas Walkom s'interroge sur les différences d'attitudes de la presse et de l'opinion publique canadienne vis-à-vis de la surveillance accrue de la population mis en eouvre par les services de renseignement depuis le 11 septembre 2001: alors que chaque révélation d'un nouveau programme mené par la CIA ou la NSA au États-Unis est traité comme une atteinte potentielle aux droits fondamentaux et reçoit un traitement en profondeur de la part des journalistes (qui bien souvent en révèlent l'existence), de ce côté-ci de la frontière, les inquiétudes manifestées par les organes de contrôle des services de sécurité restent lettre morte.
Par exemple, dans son rapport annuel, la Commissaire à la protection de la vie privée a tancé l'Agence des services frontaliers pour la manière cavalière dont certaines informations personnelles étaient communiquées à leurs homologues états-uniens. Cette semaine, l'ancien juge de la Cour suprême et Commissaire du Centre de la Sécurité des Télécommunications Antonio Lamer, vient également dans son dernier rapport annuel soulever un certain nombre d'inquiétudes quand à la manière dont les demandes de mises sur écoutes impliquant des citoyens ou des résidents canadiens sont rédigées (en des termes très généraux), impliquant que le CST pourrait violer l'esprit de la loi qui autorise ses activités et empiéter sur les libertés des Canadiens (pour un exposé plus détaillé sur les activités du CST, voir le blog Lux ex Umbra). Enfin, les informations sur les transactions financières canadiennes suspectes dépassant 10.000$ sont routinièrement échangées avec des services de renseignement étrangers, sans que la presse paraisse s'en émouvoir.
Loin de partager l'analyse de Walkom, qui attribue à la pesanteur bureaucratique canadienne et à la meilleure gestion de la divulgation de telles informations par le gouvernement, c'est plutôt le manque d'intérêt de la presse canadienne pour les longues et coûteuses enquêtes d'investigation qui me semble être en grande partie à l'origine de cette apathie. Une telle attitude est d'ailleurs observable également en France où la presse semble souvent relayer les informations qui lui sont transmises par des officines plus ou moins bien intentionnées, plutôt que de se lancer en quête d'informations inédites. L'affaire Clearstream me semble en cela symptomatique d'un journalisme de confort ou de connivence qui s'oppose à un journalisme de "sources" encore bien vivant dans certains grands journaux états-uniens.
Par exemple, dans son rapport annuel, la Commissaire à la protection de la vie privée a tancé l'Agence des services frontaliers pour la manière cavalière dont certaines informations personnelles étaient communiquées à leurs homologues états-uniens. Cette semaine, l'ancien juge de la Cour suprême et Commissaire du Centre de la Sécurité des Télécommunications Antonio Lamer, vient également dans son dernier rapport annuel soulever un certain nombre d'inquiétudes quand à la manière dont les demandes de mises sur écoutes impliquant des citoyens ou des résidents canadiens sont rédigées (en des termes très généraux), impliquant que le CST pourrait violer l'esprit de la loi qui autorise ses activités et empiéter sur les libertés des Canadiens (pour un exposé plus détaillé sur les activités du CST, voir le blog Lux ex Umbra). Enfin, les informations sur les transactions financières canadiennes suspectes dépassant 10.000$ sont routinièrement échangées avec des services de renseignement étrangers, sans que la presse paraisse s'en émouvoir.
Loin de partager l'analyse de Walkom, qui attribue à la pesanteur bureaucratique canadienne et à la meilleure gestion de la divulgation de telles informations par le gouvernement, c'est plutôt le manque d'intérêt de la presse canadienne pour les longues et coûteuses enquêtes d'investigation qui me semble être en grande partie à l'origine de cette apathie. Une telle attitude est d'ailleurs observable également en France où la presse semble souvent relayer les informations qui lui sont transmises par des officines plus ou moins bien intentionnées, plutôt que de se lancer en quête d'informations inédites. L'affaire Clearstream me semble en cela symptomatique d'un journalisme de confort ou de connivence qui s'oppose à un journalisme de "sources" encore bien vivant dans certains grands journaux états-uniens.
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01 juillet 2006
Les canadiens et leur vie privée
La firme EKOS vient de réaliser un sondage auprès d'un millier de canadiens pour le compte du Commissariat à la Protection de la Vie Privée du Canada, destiné à mesurer les attitudes des canadiens vis-à-vis de certaines questions d'actualité:
- 71% des canadiens ont l'impression que la protection de leurs renseignements personnels s'est dégradée au cours des 10 dernières années;
- 34% des canadiens estiment que les entreprises ne prennent pas au sérieux leur responsabilité à l'égard de la protection des renseignements personnels des consommateurs, et cette perception négative est de 20% dans le cas du gouvernement canadien;
- De plus, un tiers des canadiens pense que le gouvernement ne comprend pas bien la façon dont les entreprises utilisent leurs données personnelles;
- Malgré ce scepticisme, la proportion des personnes qui disent ne pas connaître les lois canadiennes concernant la protection de la vie privée et des renseignements personnels est en augmentation par rapport à l'an dernier, de 52% à 56% cette année;
- Seulement 8% connaissent les organismes fédéraux chargés de les assister dans la protection de leur vie privée;
- Pourtant, 17% des canadiens disent faire de très grands efforts pour protéger leurs renseignements personnels et 53% de grands efforts;
- 58% se disent très préoccupés par les incidences du USA Patriot Act sur leurs renseignements personnels, et notamment le transfert à leur insu vers des entreprises ou des organismes gouvernementaux américains;
- Le pourcentage des personnes qui disent avoir une connaissance suffisante de la façon dont les nouvelles technologies peuvent affecter leur vie privée n'a pas évolué depuis l'an 2000, et se situe à 50%;
- Seulement 30% disaient être familiers avec les dispositifs d'identification par radiofréquence (RFID).
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