10 septembre 2007

Doit-on empêcher la recherche de mots "dangereux" sur Internet?

C'est en tout cas la solution que semble proposer le Commissaire européen à la justice et à la sécurité dans un entretien accordé à l'agence Reuters. Celui-ci a en effet déclaré:

"J'ai la ferme intention d'entreprendre une étude avec le secteur privé (...) sur les moyens technologiques d'empêcher des gens d'utiliser et de chercher des mots dangereux comme 'bombe', 'tuer', 'génocide' ou 'terrorisme"

Ça risque peut-être de rendre le travail des historiens des divers génocides qui ont ensanglanté l'histoire de l'humanité plus difficile, de même que celui des divers organismes chargés de diffuser des informations scientifiques sur le phénomène terroriste. L'intention est louable, mais la proposition de mise en oeuvre sent pas mal la censure à peine déguisée. Il est évident que l'on retrouve sur Internet bien des informations qui peuvent être utilisées de façon nuisible, mais n'est-ce pas le propre de tout savoir d'être intrinsèquement ambigu, et par conséquent difficilement contrôlable par des machines ou des logiciels, au risque de perdre énormément du contexte dans lequel il est produit? Les mots clés qui arrivent en tête du classement des termes de recherche utilisés par les internautes qui consultent ce blog sont dans l'ordre:

1) crochetage (de serrure)
2) clonage de carte de crédit
3) clonage de carte de débit

Pourtant, il s'agit d'un blog sur la sécurité sous ses divers aspects, et non d'une académie du crime. Dans le monde idéal envisagé par Monsieur Frattini, il serait certainement interdit.